Pourquoi les marchés ont-ils baissé ?

 

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Le 9 mars 2020 restera vraisemblablement à l’histoire; la bourse américaine subissant sa pire journée (-7,6 %) depuis décembre 2008, portant sa correction à la frontière du territoire de marché baissier. Contribuant au climat d’anxiété, les prix du pétrole ont vu leurs niveaux reculer de ~25 % en une seule journée – la plus forte baisse en un jour depuis la guerre du Golfe de 1991– suite à l’échec des négociations entre les pays membres de l’OPEP (+Russie), ayant incité l’Arabie Saoudite à se lancer dans une guerre de prix. Finalement, la course aux valeurs refuges a porté les taux 10-ans américains à de nouveaux creux historiques, entraînant des gains pour les bons du Trésor à plus longue échéance.

Maintenant, que penser de telles variations? Les marchés traversent une tempête sous la forme d’une pandémie, réduisant toute visibilité sur la trajectoire de l’économie à court terme. Dans ce contexte, il faut continuer de s’attendre à des bourrasques dans tous les sens – parfois à la baisse lorsque les mauvaises nouvelles s’accumulent (comme hier, 9 mars), parfois à la hausse lorsque les gouvernements agissent (comme c’est le cas au moment d’écrire ces lignes, 10 mars AM) — alors que les marchés recalibrent continuellement leurs anticipations à la lumière de l’information disponible. Concrètement, il faut s’attendre à ce que les banques centrales continuent d’assouplir les conditions monétaires – la Réserve fédérale devrait baisser une seconde fois son taux de référence la semaine prochaine— bien que l’effet de telles mesures se fera surtout sentir une fois que le coronavirus sera derrière nous.

Justement, quand la tempête COVID-19 sera-t-elle terminée? C’est la question principale pour les marchés, et bien malin celui qui pourrait prédire ce moment. Du côté positif, les dernières données à cet égard démontrent que la propagation en Chine est largement sous contrôle alors que la croissance de nouveaux cas ailleurs dans le monde ralentit. Toutefois, un regard plus approfondi démontre que certaines régions — notamment les États-Unis et l’Europe — en ont probablement encore pour plusieurs jours (voir semaines) avant d’espérer voir le nombre de nouveaux cas atteindre un plateau.

Alors, que faire dans ce contexte? À court terme, notre point de vue demeure le même que lorsque nous avons réduit le risque en ramenant au neutre notre allocation tactique en actions et en ajoutant en liquidités le 26 février : prudence. Cela ne veut pas dire qu’il faut se précipiter dans les valeurs refuges — celles-ci escomptent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles au moment actuel — mais le contexte demeure trop incertain et le sentiment pas suffisamment déprécié pour nous inciter à rajouter du risque dans l’immédiat.

À long terme, soulignons que la prime de risque sur actions se situe maintenant à son plus haut niveau des huit dernières années, ce qui augure bien pour les investisseurs dont l’horizon d’investissement se compte en années et non pas en mois.

Source: Copie intégrale du texte: Commentaires du Bureau du chef des placements sur la volatilité et le coronavirus -  Banque Nationale Investissements du 10 mars 2020