Septembre 2016

26 septembre 2016

•La croissance du PIB mondial, qui diminue depuis quelques années, devrait s’établir à environ 3% en 2016, soit le rythme le plus lent depuis 2009. Ce ralentissement est dû au rééquilibrage de la Chine, à l’austérité budgétaire, au sous-investissement, aux niveaux élevés de dettes, à la détérioration démographique et à la montée du protectionnisme. Par conséquent, à moins que les élus ne s’attaquent à ces forces structurelles par des réformes et des politiques de relance, il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’amélioration de la croissance économique en 2017.

•Malgré les enjeux persistants du manque d’investissements et de la vigueur du dollar, la croissance économique américaine devrait accélérer après un mauvais premier semestre. La reconstitution des stocks stimulera la production, mais cela ne garantit pas une création vigoureuse d’emplois étant donné la persistance de la faible progression de la productivité et la baisse des bénéfices des entreprises. La Fed estime que les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt se sont renforcés et passera sans doute à l’action en décembre, c.-à-d., après les élections. Mais on peut ensuite s’attendre à une longue pause compte tenu des difficultés soulevées par un potentiel économique faible et l’appréciation de l’USD. Nous maintenons notre prévision de croissance du PIB pour les États-Unis à 1.6% et 2.0% pour cette année et 2017 respectivement.

•L’économie du Canada rebondit bien après un deuxième trimestre difficile. Les exportateurs ont augmenté leurs ventes en juillet et les consommateurs profitent de la bonification de l’Allocation canadienne pour enfants. Cependant, les investissements restent décevants, nuisant à la croissance économique, pas seulement aujourd’hui, mais aussi demain, par une réduction du potentiel. Nous maintenons nos prévisions de croissance du PIB canadien à la fois cette année et l’an prochain à 1.2% et 1.8% respectivement. À moins que les mesures de stimulation budgétaires du gouvernement fédéral ciblent effectivement un accroissement du potentiel de l’économie, le Canada restera englué dans un régime de faible croissance. Devant composer avec un faible taux d’intérêt réel neutre, qui est également un résultat de la diminution de la croissance potentielle, la Banque du Canada n’aura pas d’autre choix que de conserver un taux de financement à un jour bas pendant les prochaines années.

Krishen Rangasamy Économiste Principal Économie et Stratégie

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La Fed en mesure de monter les taux cette année

2 septembre 2016

•Les membres du FOMC, y compris Janet Yellen, font maintenant plus énergiquement la promotion de la prédilection de la Fed pour un resserrement de la politique monétaire. À la lumière des propos de Mme Yellen à Jackson Hole et des indices de fermeté donnés antérieurement par d’autres membres proéminents de la Fed, nous avons devancé le moment de la prochaine hausse de taux de la Fed à décembre cette année. Cela devrait maintenir le dollar américain sur une trajectoire ascendante pendant le reste de l’année alors que les marchés finiront par intégrer une hausse des taux complète, et ce, d’autant plus que la politique monétaire d’autres grandes économies évolue en sens diamétralement opposé.

•La Banque centrale européenne semble en passe d’entrer en action pour soutenir l’économie atone de la zone euro affligée par une croissance stagnante et une inflation inférieure à l’objectif. Alors que les taux d’intérêt sont déjà très négatifs, la BCE pourrait opter plutôt pour un programme d’achat d’actifs plus étoffé et des prêts ciblés pour ranimer la croissance. Ces mesures de stimulation devraient maintenir les rendements des obligations bas et l’euro sous pression. Nous laissons notre objectif pour la fin d’année inchangé à 1.08 pour le taux EURUSD. La Banque du Japon subit, elle aussi, des pressions pour agir afin de relancer l’économie léthargique et écraser dans l’œuf la résurgence des menaces de déflation. De nouvelles mesures de stimulation monétaires pourraient pousser le rapport USDJPY à 110 d’ici fin 2017.

•Le dollar canadien a fait preuve de résilience ces derniers mois, mais il reste très vulnérable. L’important déficit du compte courant demeure son talon d’Achille, surtout si l’on considère que celui-ci est financé principalement par des flux de capitaux de court terme qui peuvent être inversés en un clin d’œil. Nous réitérons la prévision du taux USDCAD de 1.30 à 1.40 pendant le plus clair des 12 prochains mois.

Stéfane Marion/Krishen RangasamyÉconomiste et stratège en chef/Économiste principal