Mars 2016

Géopolitique en bref

18 Mars 2016

Pourquoi une réduction de la production de pétrole est improbable en 2016

Les deux premiers producteurs de pétrole de la planète, l’Arabie saoudite et la Russie, se sont mis d’accord récemment pour plafonner leur production à son niveau de janvier à condition que d’autres grands producteurs fassent de même. D’aucuns y ont vu un premier pas important vers un accord des grandes puissances pétrolières pour réduire fortement leur production de pétrole à court terme. Mais force est de constater que peu de choses ont changé. Les grands pays producteurs de pétrole ne sont pas plus près qu’ils l’étaient de s’entendre sur de fortes réductions de la production à court terme.

À plus long terme, à moins d’une augmentation forte et soudaine du cours du brut, le scénario le plus probable est que le fardeau financier croissant des dépenses publiques supérieures aux recettes pétrolières force les grands acteurs à surmonter leur haine réciproque et à entreprendre des négociations sérieuses pour réduire la production, et ce, à un horizon de douze mois environ. Pourquoi? Parce que la crainte des dirigeants de manquer d’argent pour maintenir la stabilité politique dans leurs pays respectifs l’emportera sur tous les autres objectifs.

GÉOPOLITIQUE EN BREF

ÉCONOMIE ET STRATÉGIE

Banque Nationale

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Devises

15 mars 2016

Le Revenant

• L’économie mondiale s’efforce de survivre. Les marchés ont désespérément besoin d’une bonne nouvelle. La Chine, qui est une des grandes sources de leur morosité ces derniers mois, a maintenant la possibilité d’offrir une lueur d’espoir lorsqu’elle dévoilera son plan quinquennal dû cette semaine. On ne peut qu’espérer qu’elle ne déçoive pas. Sinon, l’aversion pour le risque pourrait monter d’un cran et relancer la ruée sur l’USD.

• Les malheurs du billet vert en février étaient en partie attribuables à des statistiques économiques américaines faibles qui ont conduit les investisseurs à revoir leurs attentes à l’égard de la Fed cette année. Si l’USD pondéré des échanges devait céder une partie de ses gains démesurés des deux dernières années, sa décrue pourrait quand même être ponctuée par des poussées de fièvre, particulièrement si la Banque centrale européenne et la Banque du Japon décident d’augmenter leurs mesures de stimulation.

• Malmené et laissé pour mort il y a quelques semaines à peine, le dollar canadien revient en force. La performance du huard, à l’image du Revenant, a été facilitée par un tassement de l’USD, mais les marchés commencent aussi à se demander si la Banque du Canada a effectivement besoin ou non de réduire les taux d’intérêt compte tenu des mesures de stimulation budgétaires attendues qui devraient doper l’économie. L’effondrement des prix du pétrole en début d’année laisse penser que l’or noir a plus de chance de remonter que de baisser encore. Nous gardons donc confiance dans notre hypothèse de voir le WTI coter $40 le baril d’ici la fin de l’année. Alors que le huard devrait en bénéficier, l’appréciation vers notre nouvelle cible de fin d’année de 1.32 pour USDCAD ne sera pas linéaire. Il y aura probablement de la volatilité d’autant que le Canada dépend grandement des flux d’investissements étrangers à court terme et qu’il y a des incertitudes au sujet des prix des commodités et de la politique de la Réserve fédérale américaine.

-Stéfane Marion/Krishen Rangasamy-

Perspectives des devises  

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Nouvelles Économiques

11 mars 2016

Canada: Nouvelle baisse de l'emploi en février

Opinion

Le rapport de l’EPA publié le 11 mars 2016 a déçu un deuxième mois de suite, et l’examen en détail n’est pas particulièrement rassurant vu la chute de l’emploi à temps plein. Le taux de chômage n’avait plus été aussi élevé depuis le début de 2013 à l’échelle nationale et depuis plus 20 ans en Alberta. Cependant, l’emploi du secteur privé a enregistré sa première hausse depuis quatre mois et l’emploi dans la construction a vigoureusement rebondi. Le secteur de la fabrication a heureusement poursuivi sur une pente ascendante en février. Ces 12 derniers mois, l’effectif des usines a augmenté de 41K salariés possiblement grâce à la dépréciation du huard, ce qui représente 35% des emplois ajoutés dans le pays (graphique du milieu). Nous nous réjouissons aussi de voir que la Colombie-Britannique a continué en février de compenser la faiblesse des autres provinces. Cependant, après une année 2015 étonnamment bonne malgré la faible croissance économique, le marché de l’emploi ralentit en ce début d’année, ce qui est conforme à notre scénario de base. Gardons à l’esprit que les intentions d’embauche des entreprises étaient au plus bas depuis la récession de 2008-2009 dans l’Enquête sur les perspectives des entreprises publiée en janvier. Comme les prix du pétrole restent faibles et que le dollar canadien plus concurrentiel soutient la croissance dans les provinces du centre et en Colombie-Britannique, les divergences régionales devraient persister cette année.

-Matthieu Arseneau- Économiste principal