Mai 2016

27 mai 2016

•L’économie mondiale, qui a mal commencé l’année, est engagée sur la voie de la plus faible croissance depuis 2009. Les marchés émergents ont du mal à s’adapter au rééquilibrage de la Chine alors que des économies avancées, comme celles de la zone euro et du Japon, restent handicapées par leur démographie déficiente. L’économie américaine, souvent une lueur d’espoir pour le reste du monde, connaît ses propres difficultés, notamment du fait de la vigueur du dollar et du resserrement de la politique monétaire. Les incertitudes entourant le Brexit et la capacité de la Chine à gérer sa transition n’aident pas. Pour le moment, nous laissons notre prévision de croissance mondiale inchangée à 3.1% pour 2016.

•L’économie américaine semble reprendre un peu de vitesse ce trimestre après un début d’année décevant. Mais les problèmes anciens demeurent, à savoir un commerce extérieur bridé par l’appréciation antérieure de l’USD et la faiblesse des investissements des entreprises qui entrave le potentiel de croissance de l’économie et menace la création d’emplois. Celle-ci marquera sans doute encore le pas au cours des prochains mois et l’inflation devrait rester faible. Ainsi, alors que le FOMC essaie de convaincre les marchés qu’il y aura au moins deux hausses de taux d’intérêt cette année, dont une première cet été, les réalités économiques pourraient le forcer à une attitude plus patiente. Nous gardons confiance dans notre prévision de 1.9% de croissance du PIB américain pour 2016.

•L’économie du Canada pourrait s’être contractée au deuxième trimestre. Un ressac était attendu après les gains démesurés antérieurs, mais les incendies de forêt en Alberta ont encore assombri les perspectives du T2. La diminution de la production de pétrole pénalisera le PIB au deuxième trimestre. La croissance économique devrait toutefois rebondir au troisième avec les efforts de déblaiement et de reconstruction et avec la reprise de la production pétrolière. Globalement, si les réductions de la production de brut ne durent pas plus d’un mois, la croissance du PIB de 2016 ne devrait pas diminuer de plus d’un dixième de point de pourcentage selon nos propres estimations et celles du Conference Board, c.-à-d. pas assez pour inciter la Banque du Canada à adopter une politique monétaire plus accommodante. En attendant d’en savoir plus sur l’ampleur des interruptions de production, nous laissons notre prévision de croissance du PIB à 1.3% pour 2016.

Krishen Rangasamy

Économiste Principal

Économie et Stratégie

Banque Nationale