Juin 2017

Économie et stratégie (14 juin 2017)

Fed : Une autre hausse et réduction du bilan au programme en 2017

« Comme on s’y attendait généralement, la Réserve fédérale américaine a augmenté la borne supérieure de la fourchette des fonds fédéraux de 25 points à 1.25% La Fed a étayé sa décision de hausse des taux en faisant référence à l’amélioration de certaines données économiques dont une reprise des dépenses des ménages et la poursuite de l’expansion de l’investissement des entreprises. Tout en déplorant une inflation inférieure à sa cible, la Fed s’attend toujours à ce que l’inflation se stabilise autour de l’objectif de 2% à moyen terme. Le FOMC s’attend à ce que les conditions économiques évoluent d’une manière qui « ne justifiera que des hausses graduelles des taux des fonds fédéraux ». La Fed maintient sa politique existante de réinvestissement des paiements de capital des titres de créances d’agence et les titres adossés à des hypothèques d’agence qu’elle détient ainsi que celles de reconduction des titres du Trésor parvenus à échéance aux adjudications. Mais elle s’attend à commencer à mettre en œuvre un programme de normalisation du bilan cette année « pourvu que l’économie évolue généralement comme prévu ». Lorsqu’elle commencera à normaliser le bilan, elle réinvestira seulement la portion des remboursements de capital qui dépasseront des limites établies. Pour les obligations du Trésor, la limite devrait être de $6 milliards par mois, puis augmenter de $6 milliards tous les trois mois jusqu’à atteindre $30 milliards par mois. Pour les titres de créances des agences et les titres hypothécaires (MBS), la limite sera de $4 milliards par mois initialement et augmentera par tranches de $4 milliards tous les trois mois jusqu’à atteindre $20 milliards par mois. Neel Kashkari, réputé être une colombe, était le seul dissident à propos de la décision; il aurait souhaité que le taux des fonds fédéraux reste inchangé. »

Conférence de presse :

« Le président Janet Yellen a dit qu’il est important que le FOMC atteigne sa cible d’inflation. Mais l’inflation de base a été faible et on s’attend à ce qu’elle reste inférieure à la cible pendant un certain temps en raison d’effets de base. Cependant, elle a dit que le FOMC ne veut pas réagir à quelques points de données qui peuvent embrouiller la vue. Elle a fait remarquer que le FOMC a confiance dans le fait que les conditions sont en place pour atteindre sa cible d’inflation de 2% avec le temps. Le rythme de la création d’emplois reste supérieur à ce qui est nécessaire pour absorber les nouveaux participants au marché du travail. Alors que la courbe de Philips est peu pentue, cela signifie seulement qu’il faudra un peu plus de temps et un taux de chômage plus bas pour atteindre l’accélération voulue de l’inflation des salaires. Mme Yellen a indiqué que le FOMC compte procéder au retrait de la détente monétaire graduellement afin de maintenir l’expansion sur une voie durable. La réduction du bilan devrait être suffisamment graduelle pour s’effectuer tranquillement en arrière-plan. En d’autres termes, les taux d’intérêt resteront le principal outil pour la conduite de la politique monétaire. Le processus de réduction de la taille du bilan pourrait commencer relativement prochainement selon Mme Yellen. »

Conclusion :

« La Fed continue de prévoir une hausse de taux de plus cette année (une prévision que nous partageons) et s’attend à commencer à réduire la taille de son bilan. Cependant, ses plans reposent sur l’hypothèse que l’économie se porte bien et sur la confiance dans l’augmentation de l’inflation vers sa cible de 2%. Les révisions à la baisse continues des prévisions du taux de chômage révèlent que la Fed a du mal à déterminer quel est le taux de chômage à inflation stationnaire (TCIS) ce qui explique pourquoi l’inflation des salaires et donc l’inflation générale ont été beaucoup plus faibles que prévu. Si l’inflation devait décevoir les attentes de la Fed ou si des chocs inattendus menaçaient de faire dérailler l’économie, le FOMC n’hésiterait pas à retarder le resserrement de sa politique monétaire. »

Krishen Rangasamy

Économiste principal

Paul-André Pinsonnault

Économiste principal, Revenu fixe