Juin 2016

Faits saillants

29 juin 2016

• Le choix des électeurs britanniques de se retirer de l’Union européenne a fait monter les risques d’un revers pour l’économie mondiale. À elles seules, les incertitudes que suscite le résultat de ce référendum freineront les économies de la planète et forceront les grandes banques centrales à maintenir des politiques monétaires accommodantes. La menace d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine en 2016 a donc disparu. Mais, considéré comme une monnaie refuge, le dollar US devrait s’apprécier.

• Nous considérons le renforcement de l’USD comme une mauvaise nouvelle pour les actions mondiales puisque nous nous attendons à un resserrement des conditions financières. Les pays émergents sont particulièrement vulnérables en raison de la masse d’emprunts qui y sont contractés en USD. De plus, nous entrevoyons maintenant une baisse des prix des produits de base au cours des prochaines semaines (WTI à $40 le baril).

• Nous ne prévoyons pas de récession mondiale puisque les banques centrales devraient réussir dans leurs efforts pour entretenir la confiance des investisseurs au cours des prochaines semaines. Mais, nous pensons que le contexte actuel est propice à un accroissement de la volatilité et justifie une réduction du risque dans le portefeuille.

• Dans notre mise à jour de la stratégie du 24 juin, nous avons donné à notre répartition des actifs une tournure plus défensive, en faisant passer la part des liquidités de 5% à 10% au détriment des actions.

Stéphane Marion

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Brexit

24 juin 2016

Bonjour,

Considérant la volatilité de cette nuit et de ce matin, nous souhaitions offrir une courte mise à jour sur les implications initiales du vote de Brexit.

Voici un commentaire du gestionnaire institutionnel Pimco qui résume bien la situation :

Qu’est-ce que Brexit veut dire et quelles sont les prochaines étapes

- Il n’y a pas d’impact immédiat : le Royaume-Uni demeure un membre à part entière de l’Union Européenne. La prochaine étape serait une législation domestique au R-U approuvant le retrait de l’UE et ensuite une notification au Conseil Européen annonçant la décision du R-U de quitter l’UE. Un traité de retrait serait ensuite négocié avec l’UE au cours d’une période de deux ans, ou si nécessaire (et accepté) plus longue. Si aucune entente n’est atteinte sur la période de deux ans (ou quelconque prolongement entendu), le R-U cesserait d’être un membre de l’UE.

Le système bancaire du Royaume-Uni est-il résilient?

- Comme mentionné ce matin par le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, les capitaux requis des grandes banques anglaises est maintenant dix fois plus élevé qu’avant la crise de 2008-2009. Les banques anglaises ont levé plus de 130G £ de capital, et ont maintenant plus de 600G £ d’actifs de haute qualité liquides. Le résultat : nous croyons que les banques anglaises peuvent soutenir un choc important à la croissance.

- Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a déclaré aujourd’hui que la banque centrale est prête à offrir 250G £ extra à ses processus existants. Elle est aussi prête avec des mesures additionnelles si nécessaire. En général, les banques centrales mondialement ont préparé des plans de contingence dans le cas où Brexit passerait pour offrir la liquidité nécessaire aux marchés.

- Les banques anglaises ont augmenté leur ressources de liquidité au cours des dernières années et bénéficieront de la liquidité offerte par la Banque d’Angleterre.

- En général, malgré les conséquences négatives du référendum, nous n’envisageons pas que Brexit impact matériellement la qualité du crédit des principales banques anglaises.

Pensées additionnelles

En général, les secteurs de crédit performent relativement efficacement aujourd’hui considérant les mouvements que nous observons dans les autres classes d’actifs et les écarts de crédit sont généralement aux niveaux attendus. Les écarts de crédit demeure confortablement à l’intérieur des points extrêmes observés plus tôt cette année. Le mouvement des taux d’intérêts au marché et des marchés de devises ce matin ont été beaucoup plus marqués.

La poussière ne retombera pas aujourd’hui, ou la semaine prochaine. Il faudra du temps pour que les marché et législateurs puisse pleinement comprendre les retombées de Brexit et arrivent à évaluer adéquatement la valeur des titres au marché. Ce sont des mouvements comme ceux d’aujourd’hui qui créent plusieurs des opportunités structurelles d’alpha ( i.e. battre les indices) à long terme.

Finalement, les marchés continuent à fonctionner normalement. Brexit ne pose pas une menace à l’infrastructure financière. Contrairement à un Grexit, par exemple, où la devise devrait être revue, des contrôles de capitaux mis en place et la solvabilité des banques aurait été en jeu, Brexit n’invoque aucun de ces risques.

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Brexit

24 juin 2016

•Après le choix de la Grande-Bretagne de se retirer de l’Union européenne, les risques de revers ont augmenté pour l’économie mondiale déjà hésitante. Rien que les incertitudes reliées à ce vote freineront l’activité économique et forceront la Fed à rester sur la touche encore plus longtemps. Mais malgré cela, le dollar américain devrait avoir le vent en poupe du fait de sa valeur de monnaie refuge. La monnaie de réserve du monde tend à s’apprécier dans les phases de recrudescence des incertitudes et de stress sur les marchés financiers. Nous avons par conséquent ajusté nos prévisions sur les devises pour refléter un renforcement de l’USD sur l’horizon de prévision.

•La bataille contre la déflation est loin d’être gagnée en Europe et au Japon. Alors qu’il est probable que la Fed reste sur la touche plus longtemps, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon devraient renforcer leurs mesures de stimulation avant la fin de l’année pour soutenir leurs économies anémiques. La possibilité d’une contagion potentielle de « Brexit » augmente aussi la probabilité d’une intervention de ces banques centrales. Ainsi, l’euro et le yen devraient rester vulnérables au contrecoup de la détente monétaire.

•Une nouvelle poussée de l’USD doublée d’une recrudescence des incertitudes au sujet de l’économie mondiale inspirées par le « Brexit » devrait brider les prix des produits de base et donc le dollar canadien. Aggravant les malheurs du huard, la Banque du Canada, qui se veut accommodante, pourrait plomber le dollar canadien par des mesures d’anticipation pour stimuler la croissance. Et le huard a un autre handicap à surmonter : l’important déficit du compte courant actuel et donc la dépendance des afflux de capitaux étrangers qui pourraient se faire rares dans une ambiance caractérisée par l’aversion pour le risque. Nous nous attendons maintenant à ce que le taux USDCAD se situe dans une fourchette de 1.30-1.40 au cours des douze prochains mois.

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Point de mire Fed

15 juin 2016

L’emploi pousse la Fed sur la ligne de toucheComme on s’y attendait généralement, la Réserve fédérale américaine n’a pas modifié sa politique monétaire. Le taux des fonds fédéraux reste dans une fourchette de 0.25% (borne inférieure) et à 0.50% (borne supérieure). Le FOMC a pris acte de l’essoufflement du marché du travail. Néanmoins, le comité semblait positif au sujet de la croissance récente du PIB, opinion que corrobore le modèle GDPNow de la Banque de réserve fédérale d’Atlanta qui prévoit un rythme de croissance du PIB de 2.8% au deuxième trimestre de 2016, après la publication des chiffres du commerce de détail du mois de mai. Une fois de plus, il a souligné la faiblesse des investissements des entreprises, mais a mentionné que l’effet ralentisseur des exportations nettes semble avoir diminué. Le FOMC n’a fait aucune allusion au « Brexit » mais a dit qu’il continuera de suivre de près les développements sur la scène économique et financière mondiale. Il a indiqué que l’inflation devrait rester faible à court terme, mais s’attend à ce qu’elle augmente à 2% à moyen terme « à mesure que les effets transitoires des baisses de prix de l’énergie et des prix à l’importation se dissiperont et que le marché du travail se renforcera davantage ». Pour la quatrième fois, la Fed n’a pas indiqué explicitement comment elle perçoit l’équilibre des risques. Esther George, faucon bien connu du FOMC, était la seule dissidente en mars, souhaitant une augmentation du taux à 0.50-0.75%. Elle est rentrée dans le rang cette fois-ci.

Paul-André Pinsonnault

Économiste principal, Revenu fixe

Banque Nationale du Canada National