Juillet 2019

Devises

Points saillants :

• « L’attitude accommodante adoptée par la Réserve fédérale en juin a fait baisser le dollar américain pondéré en fonction des échanges pour la première en cinq mois. Mais il n’est pas certain que des réductions des taux d’intérêt nuiraient beaucoup à l’USD. Si la Fed optait pour une baisse de 50 points de base (pb) ou moins cette année, cela provoquerait une appréciation plutôt qu’une dépréciation du billet vert parce ce serait moins que les 75 pb de diminution qu’anticipe le marché d’ici la fin de l’année. Même une compression de 75 pb ou plus ne pénaliserait pas nécessairement l’USD si cette mesure de stimulation était prise dans le contexte d’une montée des craintes suscitées par les perspectives économiques mondiales, ce qui pourrait, au contraire, doper le billet vert alors recherché pour sa valeur de monnaie refuge. Pour le moment, notre scénario de base table sur une entente entre les États-Unis et la Chine au minimum sur une trêve dans la guerre commerciale en cours, ce qui éclaircirait un peu les perspectives de l’économie mondiale. Le regain d’appétence pour les valeurs à risque qui en découlerait pourrait alors peser un peu sur l’USD,ce qui explique pourquoi nous prévoyons une certaine mollesse du dollar américain à court terme. »

• « Profitant de la faiblesse de l’USD, l’euro a réussi à s’apprécier par rapport au billet vert pour la première fois en cinq mois, et ce, malgré des statistiques économiques laissant à désirer dans la zone euro. La situation ne s’améliorera probablement pas au deuxième semestre de 2019 avec le Brexit prévu en octobre et l’imposition possible de droits de douane américains sur l’automobile en novembre. Par conséquent, bien que l’euro puisse gagner encore un peu de terrain à la faveur de la faiblesse de l’USD à court terme, nous n’entrevoyons pas beaucoup de potentiel de hausse pour la monnaie commune. »

• « Grâce à la poussée de juin, le dollar canadien est la plus performante des grandes monnaies depuis le début de l’année. L’augmentation des prix du pétrole et la diminution des différentiels entre le Canada et les États-Unis,induite par le ton accommodant de la

Fed et des statistiques économiques canadiennes meilleures que prévu, propulsent le huard. Ces deux facteurs pourraient pousser le taux USDCAD sous 1.30 cet été. Nous reconnaissons cependant que le huard risque d’évoluer en direction opposée et de se déprécier par rapport à l’USD si les perspectives économiques mondiales s’assombrissent, par exemple du fait d’une escalade du protectionnisme commercial. »

** Il s'agît d'un extrait provenant Le mensuel boursier, Économie et Stratégie, Banque Nationale Marchés Financiers, juillet 2019.

Stéfane Marion

Économiste et stratège en chef

Krishen Rangasamy

Économiste principal

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