Janvier 2016

Revue des marchés

Le blues de janvier

L’année a débuté sur les chapeaux de roue, mais pas dans le sens que tout le monde souhaitait. Les craintes liées à la Chine, jumelées à la baisse des prix du brut (-9,4 %), ont créé un malaise général qui a engendré des ventes majeures d’actifs à risque à travers le monde. Un rebond de dernière minute n'a pas suffi à compenser la pire baisse du S&P 500 (-5,0 %) pour un mois de janvier depuis 2009. Son homologue canadien a fait un peu mieux (-1,2 %). Par contre, il s’agit tout de même du troisième mois d'affilé de performance négative, une conséquence de la chute des cours énergétiques et des problèmes économiques du pays.

Du côté des obligations et du change, la diminution des probabilités que la Fed augmentera ses taux en mars a affecté le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, qui clôturent le mois à 1,93 %, perdant ainsi 35 pb pour la période. En ce qui concerne le dollar américain, l’aversion au risque généralisée a créé un mouvement vers les actifs sûrs, favorisant ainsi l’appréciation de la devise de 1,0 %. Le huard a touché un creux de 0,68 $ avant de rebondir à la fin du mois.

Faits saillants

• Nous pensons que les marchés mettent trop l'accent sur les indicateurs baissiers et les nouvelles à court terme au détriment du reste de l'environnement mondial. Il semble maintenant y avoir une déconnexion croissante entre les mouvements dramatiques des marchés financiers et la situation économique sous-jacente.

• Les niveaux actuels dans le secteur pétrolier sont le résultat d'une surabondance de l'offre globale, et non pas d’une diminution de la consommation.

• Même si nous croyons que les faillites dans le secteur pétrolier connaîtront une accélération dans les prochains mois, celles-ci ont été largement anticipées via des écarts de crédit croissants.

• À moins que la situation ne s’améliore sensiblement dans un avenir proche, une action restrictive de la Fed est inconcevable en mars et les marchés s’attendent maintenant à moins de deux resserrements en 2016.

-Martin Lefebvre/Simon-Carl Dunberry-