Février 2016

Faits saillants

5 février 2016

Taux d'intérêts

• Étant donné nos prévisions pour 2016 révisées à la baisse pour la croissance (de 2.3% à 2.0%) et l’inflation de base (1.9%), nous pensons que le FOMC ne relèvera ses taux directeurs que deux fois cette année, en juin et en septembre. Dans ce contexte, nous prévoyons que les obligations du Trésor américain de 10 ans se négocieront à 2.36% d’ici la fin de l’année et les billets de deux ans, à 1.42%.

• À la lumière de notre prévision de croissance révisée à la baisse et de l’anticipation d’une inflation d’ensemble moyenne de 1.7% cette année, nous avons abaissé nos projections de taux d’intérêt. Nous prévoyons maintenant que les obligations du Canada de 2 ans oscilleront autour de 0.66% et celles de 10 ans, autour de 1.73%, d’ici la fin de l’année, comparativement à 0.98% et 2.05%, il y a un mois.

- Paul-André Pinsonnault -

Devises - Le triangle d'incompatibilité

• La Chine découvre péniblement le triangle d'incompatibilité – c’est impossible d’avoir à la fois une libre circulation des capitaux, un taux de change fixe et une politique monétaire indépendante. La Banque populaire de Chine peut soit continuer de puiser dans ses réserves de change soit laisser le yuan flotter librement, ce qui rendrait le contrôle de la politique monétaire à la banque centrale. Une option plus favorable au yuan consisterait peut-être à instaurer temporairement un contrôle des capitaux, au moins jusqu’à ce que les investisseurs retrouvent confiance.

• Comme ses prévisions d’inflation devront une fois de plus être revues à la baisse, la Banque centrale européenne devra accentuer ses mesures de stimulation à sa réunion de mars, ce qui pourrait plomber l’euro à court terme. La Banque du Japon, qui a aussi du mal à atteindre son objectif d’inflation, a calqué la BCE en janvier en imposant un taux négatif pour le dépôt des soldes de trésorerie excédentaires détenus par les institutions financières auprès de la banque centrale.

• Étant donné ce qui précède, l’USD est en bonne posture pour ajouter à ses gains de l’an dernier. Mais nous gardons espoir que la Fed soit aussi préoccupée par cette situation que nous le sommes. Non seulement un renforcement du billet vert pénalise la croissance et maintient l’inflation basse aux États-Unis, mais il soulève aussi des risques de désendettement désordonné sur les marchés émergents étant donné les quantités massives de dettes contractées en USD dans ces économies. La menace d’une crise financière et d’une récession mondiales suffira peut-être à convaincre la Fed de réfréner sa propension à resserrer sa politique monétaire, ce qui pourrait aider à freiner l’élan de l’USD.

• Nous avons réduit nos prévisions pour les prix du pétrole cette année, prévoyant que le WTI atteindra $40 le baril d’ici la fin de l’année (au lieu des $50 prévus précédemment) et avons par conséquent révisé à la baisse notre prévision de croissance du PIB canadien et nos cibles pour le CAD. Notre prévision de 1.36 USDCAD d’ici la fin de l’année repose non seulement sur une hausse des prix du pétrole, mais aussi sur un programme de stimulation budgétaire suffisamment important du gouvernement fédéral pour éviter à la Banque du Canada d’avoir à réduire les taux d’intérêt.

- Stéfane Marion/Krishen Rangasamy -

Marchés Boursiers

• Le premier mois de 2016 a mis les nerfs des investisseurs à rude épreuve. Les actions mondiales se sont effondrées en janvier après avoir terminé 2015 sur une note prometteuse. Plusieurs indices sont devenus baissiers, ranimant la crainte d’une récession mondiale. La Chine, l’action de la Réserve fédérale américaine et l’augmentation des écarts de taux des obligations de sociétés retiennent le plus l’attention.

• Au mitan de la saison de publication des résultats du quatrième trimestre des entreprises américaines, les nouvelles sont encourageantes, malgré les embûches de la hausse du dollar. Si on prévoit toujours que les résultats globaux du T4 seront inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an, ce recul est essentiellement concentré dans les secteurs reliés aux produits de base.

• Les perspectives de généreuses mesures de stimulation d’Ottawa, doublées d’une politique monétaire accommodante et d’une demande relativement forte des consommateurs américains, aideront probablement l’économie canadienne à sortir de son marasme. Les prévisions concernant les bénéfices en général en 2016 tablent toujours sur une amélioration.

• Notre répartition des actifs est inchangée ce mois-ci. Comme nous ne pensons pas que la croissance mondiale soit compromise, nous maintenons notre recommandation de surpondérer les actions par rapport à notre modèle de référence. Nous continuons en conséquence à prévoir une certaine mollesse de l’USD, ce qui implique un peu de soutien de la part des prix des produits de base au cours des prochains mois.

- Stéfane Marion / Matthieu Arseneau -

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Nouvelles économiques

23 février 2016

Canada: Baisse des ventes au détail en décembre

Les détaillants canadiens n’étaient pas à la fête pendant le temps des fêtes. La baisse des volumes de ventes de décembre est la pire des sept dernières années. Les ventes automobiles ont été faibles comme prévu, mais les autres catégories ont aussi été touchées. En fait, les ventes discrétionnaires, soit les ventes au détail moins les produits d’épicerie, l’essence et les produits de santé et de soins personnels, ont reculé de 2.5% en décembre, effaçant largement les gains du mois précédent. Ces deux derniers mois n’ont pas été particulièrement bons pour les ventes au détail. Fait intéressant, la faible demande des consommateurs n’a pas empêché les détaillants d’augmenter les prix, si bien que la hausse annuelle des prix au détail est à présent supérieure à 2%, soit la plus forte depuis quatre ans. Les détaillants pourraient ajuster les prix pour tenir compte de la hausse des coûts d’importation due à la forte dépréciation du dollar. Et comme la hausse de l’IPC de base a été plus importante que prévu en janvier (données publiées vendredi 19 février), il semble que cet ajustement ne se soit pas limité à 2015. La baisse des volumes de ventes au détail annulera certains des gains enregistrés dans la fabrication et les ventes en gros, ce qui pourrait limiter la croissance du PIB à environ 0.1% en décembre. Le tableau d’ensemble du trimestre n’est pas tout rose non plus, puisque les volumes de ventes au détail ont crû au T4 à un rythme bien plus lent qu’au T3. Dans l’ensemble, les données concordent avec notre opinion selon laquelle le PIB canadien a presque stagné au dernier trimestre de 2015.

-Krishen Rangasamy-Économiste Principal Économie et Stratégie

Banque Nationale