Avril 2019

Le mensuel économique

 

Points saillants:

  • « Un début d’année difficile pour l’économie de la planète nous incite à réduire d’un dixième notre prévision de croissance du PIB mondial pour 2019. Les forces de la démondialisation ne nuisent pas seulement aux grandes puissances exportatrices comme la zone euro et le Japon, mais aussi aux marchés émergents. L’effet négatif n’est nulle part aussi apparent qu’en Chine dont l’économie décélère nettement alors que les tarifs douaniers américains pèsent sur environ la moitié de ses exportations. »

  • « Le démarrage pénible de 2019 ne modifie pas nos perspectives pour l’économie américaine cette année. Pourquoi cet optimisme? Parce que c’est du déjà-vu. Des accès de faiblesse liés à une paralysie de l’appareil gouvernemental dans le passé étaient suivis d’un solide rebond de la croissance du PIB au cours des trimestres subséquents. L’économie américaine devrait rebondir après le premier trimestre entraîné par la consommation et l’immobilier résidentiel qui profitent d’un marché du travail en ébullition et de la persistance de taux d’intérêt faibles, maintenant que la Fed s’est faite colombe. Les principaux risques pour les perspectives économiques par ailleurs positives sont cependant les tendances protectionnistes de Washington qui pourraient non seulement faire dérailler l’économie mondiale, mais aussi avoir des répercussions importantes sur le pays de l’oncle Sam lui-même. »

  • « Les rumeurs d’une récession canadienne imminente sont prématurées à notre avis. Tout en reconnaissant les nombreuses forces négatives auxquelles doit faire face le Canada, nous avons été encouragés par des événements récents, dont l’essor de l’emploi et la hausse des prix du pétrole au premier trimestre. Nous continuons de nous attendre à un deuxième trimestre vigoureux à mesure que la production pétrolière retournera à la normale après ses réductions réglementaires antérieures et que les exportations augmenteront de concert avec le renforcement de la croissance américaine au cours de ce trimestre. Des dépenses additionnelles prévues dans le budget fédéral de mars devraient aider à soutenir la croissance au deuxième semestre de l’année. Tout bien compté, nous gardons confiance dans notre prévision supérieure au consensus d’une croissance du PIB canadien de 1.6% en 2019. »

** il s'agît d'un extrait provenant Le mensuel économique, Économie et Stratégie, Banque Nationale Marchés Financiers, Avril 2019.

Krishen Rangasamy
Économiste principal

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Devises

Points saillants:

  • « Le dollar américain pondéré en fonction des échanges a réussi à résister au message accommodant de la Fed en mars et a plutôt profité du ralentissement de l’économie mondiale, du regain de l’aversion pour le risque et d’une poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire par d’autres grandes banques centrales pour s’apprécier. Mais si les incertitudes liées au commerce international, qui ont freiné la croissance du PIB mondial au deuxième semestre de l’an dernier et au début de cette année, se dissipent et permettent à l’économie du globe de rebondir, le marché reportera une fois de plus son attention sur le retour de la prise de risque, ce qui plombera le billet vert.»

  • « Le ralentissement plus prononcé que prévu de la zone euro et les risques toujours élevés reliés au protectionnisme et à la géopolitique (p. ex.,Brexit, élections prochaines au Parlement européen), nous incitent à réduire nos cibles pour le rapport EURUSD un deuxième mois de suite. »
  • « Beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà prises en compte dans le cours du huard comme en attestent les importantes positions spéculatives courtes sur la monnaie et les attentes d’une réduction des taux d’intérêt de la Banque du Canada. Les médias ont beaucoup parlé d’une récession imminente et de l’effondrement du dollar canadien qui en résulte, mais cette prédiction est prématurée à notre avis. Tout en prenant acte du passage à vide du T4 2018 et du T1 2019, nous continuons de nous attendre à ce que l’économie rebondisse fortement au deuxième trimestre au diapason d’un rebond des États-Unis et à ce que la production de pétrole revienne à la normale après les réductions réglementaires. Des dépenses additionnelles prévues dans le budget fédéral de mars devraient aider à soutenir la croissance au deuxième semestre de l’année. Par conséquent, notre prévision de la croissance du PIB réel du Canada cette année est de 1.6%, ce qui est proche du potentiel estimé de l’économie, mais au-dessus du consensus. Si nous voyons juste à propos de la croissance, les marchés réduiront leurs attentes d’une réduction des taux de la Banque du Canada, ce qui mettra du vent dans les voiles du dollar canadien. Par conséquent, bien que nous ayons rajusté nos cibles USDCAD pour tenir compte de la faiblesse actuelle, nous continuons de nous attendre à ce que le huard s’apprécie par rapport à l’USD à court et moyen termes. »

*** il s'agît d'un extrait provenant Le mensuel économique, Économie et Stratégie, Banque Nationale Marchés Financiers, Avril 2019.

Stéfane Marion
Économiste et stratège en chef

Krishen Rangasamy
Économiste principal

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