Avril 2016

Une banque centrale d’un optimisme prudent

15 avril 2016

Comme on s’y attendait généralement, la Banque du Canada a maintenu son taux de financement à un jour à 0.50% aujourd’hui, sans aucun changement. La banque centrale a relevé nettement les prévisions de croissance du Canada pour cette année, mais elle reste préoccupée par l’économie mondiale, comme en atteste une révision à la baisse de ses prévisions de croissance mondiale à tout juste3% cette année et 3.4% en 2017 – les révisions à la hausse pour la Chine sont largement compensées par les révisions à la baisse pour les États-Unis, la zone euro et le Japon. La banque centrale s’attend à ce que les États-Unis reprennent de l’élan « mais avec un profil d’évolution plus bas et une composition moins favorable aux exportations canadiennes ».

Si la banque centrale a augmenté sa prévision de croissance pour 2016 pour le Canada en tenant compte des mesures de stimulation budgétaires du gouvernement fédéral, elle a pris soin de ne pas se montrer trop ferme. La banque centrale ne veut pas faire monter le dollar canadien qui se situe déjà à un sommet inégalé depuis plusieurs mois par rapport à l’USD. D’une part, elle s’attend à ce que les provinces compensent une partie des mesures de stimulation fédérales. D’autre part, la banque centrale a souligné les risques pour l’économie mondiale (avec une prévision moindre pour la croissance mondiale pour cette année et l’an prochain), mais surtout, elle s’attend à un abaissement du profil de croissance des États-Unis avec une « composition moins favorable aux exportations canadiennes », ce qui fait du commerce international un frein pour l’économie l’an prochain. Néanmoins, l’écart de production devrait désormais se résorber d’ici le milieu de 2017, soit plus tôt que prévu en janvier dernier. L’élimination plus rapide des capacités excédentaires a aussi bénéficié d’une diminution du potentiel, ce qui se rapporte en grande partie à l’effondrement des investissements. Tout bien compté, la banque centrale a essayé de faire passer un message de prudence malgré des perspectives à court terme plus optimistes. Néanmoins, le RPM devrait couper court aux spéculations sur de nouvelles réductions des taux d’intérêt au Canada. Et qu’en est-il des hausses de taux? L’importante révision à la baisse de la croissance de la production potentielle plaide pour un taux d’intérêt d’équilibre qui est moins élevé en termes historiques. En d’autres termes, lorsqu’une première hausse de taux sera adoptée (après 2016), il ne faudra pas s’attendre à un cycle de resserrement très énergique.

- Krishen Rangasamy / PA Pinsonnault-